Vivre ensemble à l’heure du terrorisme

21 septembre 2016 | Actus

La question du vivre-ensemble taraude la société française. Après la vague d’attentats que nous avons connu en 2015-2016, la tentation du repli sur soi est palpable.

Certains considèrent que l’identité nationale est en péril, tandis que d’autres se réfugient dans la religion. Les échéances électorales à venir n’aident probablement pas à dénouer cette crise, chacun versant dans la surenchère, et parfois la démagogie.

Notre société est multiculturelle et multiconfessionnelle, il faut désormais l’admettre.

A l’instar des autres pays occidentaux, la question se pose de savoir s’il faut traduire cette réalité dans les normes et dans les institutions. La gauche de gouvernement a trop longtemps considéré que l’alpha et l’oméga des réformes nécessaires se situaient au niveau des tropismes économiques et sociaux. La droite nationale a eu tendance à copier les solutions de l’extrême-droite en considérant que le multiculturalisme est un obstacle pour la la cohésion du pays, voire un boulet pour le développement. C’est donc un jeu à somme nulle.

Faute de réponses plus constructives du pouvoir politique et d’une réflexion collective sur le vivre ensemble à l’heure du terrorisme, le danger est réel de voir toute une partie de notre jeunesse fuir notre pays – voire l’attaquer sur son propre sol. Il faut se donner les moyens de donner un sens à une jeunesse désemparée par l’inertie du pouvoir.

Le droit à la différence

La lutte contre les discriminations est l’un des aspects essentiels de cette véritable guerre contre nous-mêmes. Certes, la neutralité de l’espace public et les principes fondateurs de notre République ne doivent pas être mis en cause. Mais il faut reformer le socle républicain en franchissant certaines lignes rouges du passé. La reconnaissance du droit à la différence permettra de rassembler au-delà des communautés en promouvant le dialogue interculturel et le syncrétisme de nos croyances.

Il appartient à la société civile de définir ses propres aspirations. Il faut construire une nouvelle forme de cohésion nationale autour d’enjeux simples et durables. La sécurité et la tranquillité sont désormais l’affaire de tous. Tout comme l’éducation et la santé publique sont des priorités partagées entre les pouvoirs publics et les familles. La République ne se résume pas à ces seuls enjeux, elle consiste également en un état d’esprit, et des valeurs telles que l’équité, la fraternité et la tolérance.

La stigmatisation de l’un ou de l’autre de nos composantes sociales n’est donc plus de mise. Les réformes que nous devons mener ne peuvent plus être compartimentées à tel ou tel aspect de la vie sociale et économique, et doivent désormais intégrer une dimension culturelle. Il ne s’agit pas remettre en cause le bien commun. Ou de chercher à se mettre à la mode anglosaxonne des « accommodements raisonnables ». Mais de perpétuellement et rapidement inventer, se réinventer et persévérer dans ce sens – pour que chacun se reconnaisse dans les valeurs de la République, quelle que soit son origine. Renan nous disait que « la nation est un plébiscite de tous les jours ». Prenons-le au mot.

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