Les Tuteurs de la République: rapport

20 décembre 2018 | Actus

Le parrainage citoyen des nouveaux venus en France : Faire ensemble pour vivre ensemble.

 

L’arrivée d’étrangers provoque de l’inquiétude pour certains[1], mais pour beaucoup, un formidable élan de solidarité à leur égard. Ainsi, les parrainages de migrants et de réfugiés par nos concitoyens sous diverses formes se sont multipliés ces dernières années, grâce au concours des collectivités, du tissu associatif en charge de l’accompagnement des populations nouvellement venues, des entreprises solidaires et des « start-up du social ». Les pouvoirs publics, encouragés par les conclusions du rapport parlementaire du député Aurélien Taché en 2017, ont décidé de soutenir cet investissement grandissant de la société civile en incluant dans la feuille de route de la délégation interministérielle à l’accueil et l’intégration des réfugiés (DiAir), le développement du parrainage citoyen de réfugiés.

Le Jour d’Après présente dans cette note un dispositif de parrainage, les Tuteurs de la République, qui systématiserait cette approche et amènerait une meilleure visibilité du parrainage citoyen de migrants. La voie du tutorat faciliterait ainsi l’accès au parrainage autant du côté des citoyens qui aimeraient s’engager que du côté des migrants qui souhaiteraient en bénéficier.

L’objectif de cette note est de proposer un nouveau modèle de parrainage citoyen avec des tuteurs volontaires, consacrant une rencontre tous les quinze jours avec un primo-arrivant pendant ses 6 premiers mois ou sa première année sur le territoire national et bénéficiant d’un budget ou d’une contrepartie pour cet accompagnement.

Le fait d’être accompagné par un « tuteur », permettrait au nouvel arrivant de s’intégrer plus rapidement à la société française et d’y construire des racines et des ancrages. Il pourrait briser sa solitude quand celui-ci est coupé de sa famille et renforcerait sa pratique du français de manière informelle et conviviale. De leur côté, les citoyens français seraient davantage sensibilisés aux réalités migratoires et auraient la satisfaction de faire une différence palpable dans la vie d’une autre personne. Le tutorat républicain offrirait aussi un moyen de rapprocher la population française des migrants et réfugiés, améliorant leur image et encourageant les fraternisations entre les uns et les autres.

Ce mécanisme viendrait accompagner les actions d’insertion conduites par l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration et des travailleurs sociaux, constituant ainsi la cheville ouvrière du Contrat d’Intégration Républicaine. Il assurerait aussi un lien institutionnel entre le secteur associatif et les pouvoirs publics dans la coordination du parrainage des nouveaux venus par nos concitoyens.

Enfin, il encouragerait, sur le modèle du parrainage canadien, un principe de responsabilité partagée. Tout primo-arrivant se verrait ouvrir le droit à bénéficier de l’accompagnement de ce « tuteur de la République », et en contrepartie donnerait les gages nécessaires de son désir d’intégration. Pour les associations, il permettrait de mobiliser davantage de ressources humaines, impliquant en échange une harmonisation et une professionnalisation de l’encadrement des tuteurs.

[1] Rappelons qu’en France, sur l’année 2017, 262 000 étrangers  ont bénéficié d’un premier titre de séjour, soit 0,39% de la population française. Ce chiffre place la France comme 2ème destination des migrants au niveau européen mais ramené proportionnellement à sa population, le pays se place en dessous de la moyenne de l’Union européenne. Parmi ces titres de séjour, près de la moitié ont été délivrés à titre temporaire.

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